Histoire du crowdfunding, enjeux et actualités du secteur

Le Guide du Crowdfunding par Sowefund / Histoire du crowdfunding, enjeux et actualités du secteur

Les principes du crowdfunding datent aujourd'hui de plusieur siècles, au travers de projets d'envergure qui ont nécessité la participation de nombreux acteurs et notamment du grand public. Aujourd'hui, c'est une activité en forte croissance, qui est bien développée dans les pays anglo-saxons et qui connait un développement important en France depuis sa réglementation, en 2014.

L'origine du crowdfunding

Le principe du financement participatif et communautaire n’est pas si récent. En 1875 déjà, la Statue de la Liberté fut l’un des premiers monuments financés par souscription publique. Près de 100 000 Français prirent part au projet, pour un montant total de 400 000 F collectés. Signe d’amitié entre les deux nations, la statue fut offerte par la France au peuple américain. Plus tard, c’est le président américain Barack Obama qui utilisera le concept de crowdfunding pour financer sa campagne de 2012. De la même manière, la Sagrada Familia de Barcelone, pensée par l’artiste Gaudi, n’existe que grâce aux soutiens des dévots de l’époque et des visiteurs actuels.

Faire appel à une communauté pour soutenir le développement d’un projet n’est donc pas une idée révolutionnaire. C’est l’association de cette pratique ancienne à la modernité permise par les nouvelles technologies qui l’est.  

Sur le même modèle que les entreprises cotées qui font appel public à l’épargne sur des marchés financiers réglementés, les entrepreneurs peuvent désormais accéder aux ressources financières de la foule via les plateformes de crowdfunding. A la différence de la Bourse que cette fois les flux financiers sont beaucoup moins impersonnels et peuvent engendrer des relations humaines et entrepreneuriales riches que ne permettent pas les marchés réglementés.

La première plateforme de financement participatif en France fut MyMajorCompany, destinée à financer les projets artistiques auprès de leur public. La plateforme a désormais arrêté son activité pour se lancer sur d’autres projets, mais elle a ouvert la voie à d’autres plateformes, pour d’autres projets, et atteindre le marché structuré d’aujourd’hui.

Les enjeux du crowdfunding

Le crowdfunding ouvre la voie à une finance 2.0. Jusqu’à l’émergence de ces plateformes, les créateurs n’avaient que deux options pour se financer : faire appel à leur cercle familial ou amical, ou recourir au crédit bancaire. Dans un cas comme dans l’autre, seuls certains projets parvenaient à émerger et être pérennes.

Le crowdfunding a révolutionné les conditions d’accès au financement, en simplifiant les procédures grâce au recours à Internet et aux réseaux sociaux, et en offrant aux particuliers, indépendamment de leurs ressources initiales, l’opportunité de contribuer eux-mêmes au financement de l’économie réelle.

Répondre à la fin du monopole bancaire

La crise financière a accru la méfiance envers le secteur bancaire, accentuée le besoin de désintermédiation de ce secteur et compliqué les processus d’octroi de prêts du fait des nouvelles réglementations en vigueur. De ce fait, elle a induit des problématiques relatives au financement des entreprises, en particulier des TPE et PME, pourtant garantes du dynamisme d’une économie

Le profil des risques des start-up et PME est de moins en moins accepté par les banques et autres acteurs traditionnels du financement, non forcément du fait de risques plus importants, mais plutôt du fait de certains éléments contextuels.

La crise financière de 2008 et les nouvelles réglementations qui en ont découlé ont induit une diminution des volumes de prêts aux entreprises, en particulier en phase d’amorçage.

Une règlementation en particulier est venu bouleverser les pratiques bancaires depuis l’avènement de la crise : Bâle III.

Les accords de Bâle III sont un ensemble de normes et de règles qui ont été mises au point par le Comité de Bâle en 2010, en réaction à la crise financière et bancaire de 2008. Le but principal est de renforcer la stabilité et la fiabilité du secteur bancaire, principalement en obligeant les banques à détenir des liquidités afin de pouvoir faire face à des crises brutales, sans avoir besoin du soutien de la Banque Centrale.

Concrètement, les mesures édictées par Bâle III visent à assainir le secteur financier à travers

  • L’amélioration de la qualité et la quantité des fonds propres des institutions bancaires (qui était devenus trop fragile avant la crise de 2008)
  • La limitation de l’effet de levier des banques pour réduire les risques liés
  • La diminution des risques d’illiquidité des banques en les forçant à respecter des ratios de liquidité : le Net Stable Funding Ratio (NSFR) et le Liquidity Coverage Ratio (LCR)
  • L’amélioration de la couverture des risques auxquels sont soumises les banques, principalement grâce à des exigences prudentielles
  • La limitation des risques systémiques dus à l’interdépendance des établissements financiers, et ainsi éviter un « effet domino » du secteur financier.

Grâce à ces mesures, les banques devraient retrouver des fonds propres plus sains, plus stables et plus liquides en cas de besoin. Des stress tests sont déployés pour s’assurer de la stabilité du secteur bancaire, accompagnant l’entrée en vigueur progressive des accords de Bâle III. D’ici à 2019, les pays ayant adopter ces accords devraient progressivement mettre en application toutes les recommandations. 

Les principales dates de mise en application de chacune de ces mesures suit ce calendrier :

Besoin en fonds propres : capitaux propres et réserves des banques

  • 2014 et 2015 : implémentation progressive d’un ratio de base de 4,5% de réserve
  • 2016 à 2019 : implémentation d’un seuil supplémentaire obligatoire progressivement augmenté jusqu’à 7%.
  • L’ancien seuil était de 2%

Effet de levier : le rapport entre les fonds propres de la banque et le total de ses actifs, devant à terme être supérieur à 3% (dans les premiers textes).

  • 2011 à 2015 : phase d’observation, puis de publication des ratios de levier, mais sans obligation légale de respecter des seuils
  • 2017-2018 : phase d’ajustement du ratio en fonction des résultats de la phase d’observation, puis le ratio deviendra obligatoire

Besoins en liquidité

  • 2011 – 2014 : phase d’observation
  • 2015-2019 : implémentation du LCR à 60% puis progressivement augmenté jusqu’à 100%
  • 2018 : implémentation du NSFR.

Ce calendrier très progressif permet une adaptation des banques sans précipitation. Seulement, et malgré un contexte de taux d’intérêt bas de la Banque Centrale Européenne, les banques sont de moins en moins incitées à financer des actifs risqués et peu liquides, du fait des ratios à respecter.

Ainsi, le crowdfunding a un rôle important à jouer pour aider les entreprises qui peinent de plus en plus à convaincre les banques de leur faire confiance, notamment pour obtenir des prêts ou des fonds propres. 

Démocratiser l'investissement participatif

La crise financière de 2008 a engendré une grave crise de confiance envers les marchés financiers, du fait de l’opacité et de la complexification des produits, en particulier lié au développement de produits dérivés et de la titrisation.

Les placements dans les fonds d’investissement et donc dans les entreprises ont considérablement diminué, alors que les besoins sont toujours là.

Le financement participatif s’engage dans l’émergence d’une finance plus saine et transparente, directement orientée dans l’économie réelle et impliquant tous les acteurs économiques, à hauteur de leurs moyens.

La prise de participation directement dans le capital de jeunes start-up à fort potentiel n’est plus uniquement réservée à une catégorie d’investisseurs professionnels ou familiers des placements à risque. Les plateformes de financement participatif s’adressent à tous les épargnants et contribuables français qui souhaitent s’impliquer dans l’économie réelle, profiter de placements à haut rendement et à des opportunités de défiscalisation, à partir de 100€.

La démocratisation de l’investissement au stade du capital-risque est un enjeu de taille dans les années à venir. L’épargne française doit être mieux orientée vers l’économie réelle et l’innovation, pour promouvoir le développement et le savoir-faire français au niveau européen et international. Notre croissance économique en dépend.

Sowefund vous propose en ce sens d’acquérir des titres de PME innovantes de manière transparente, simple, de profiter du dispositif de défiscalisation IR-PME, ainsi que des abattements fiscaux sur les revenus du capital après la cession de vos titres, et surtout de choisir vous-même, librement, les projets que vous souhaitez soutenir grâce à votre épargne. 

Combler l'equity-gap français

Malgré le dynamisme du capital-risque en France depuis quelques années, le besoin en fonds propres des start-up reste encore important et non comblé. 

Au stade intermédiaire de l’amorçage (entre la création et le développement), les start-up éprouvent des difficultés pour trouver des financements, et leur besoin en fonds propres compromet leur pérennité, quand bien même leur projet a un fort potentiel de croissance.

Ce stade intermédiaire, appelé equity gap ou « vallée de la mort » est particulièrement creusé en France. Estimé à 4 milliards d’euros en France en 2012, il correspond à des besoins de financements incompressibles pour les start-up. Il manque des ponts pour relier l’apport réalisé par les fondateurs, le love money, les business angels d’une part, et celui des fonds d’investissement (amorçage et développement), des corporate venture et de l’autofinancement des entreprises d’autres part.

L’equity-crowdfunding se pose en intermédiaire supplémentaire pour essayer de combler ce manque financier, en proposant aux épargnants français de venir directement participer à la croissance des entreprises innovantes françaises. Depuis 2011, 158,7 millions d’euros ont été injectés dans le capital de start-up françaises grâce aux plateformes d’investissement participatif. La marge de croissance est encore immense, et c’est le pari de Sowefund : encourager les épargnants français à croire en leurs start-up.

De plus, depuis l’année dernière, les entreprises en elles-mêmes peuvent participer à l’investissement direct dans les start-up, grâce à la mesure du Corporate Venture. Dans la limite de 1% de leurs actifs et de 20% de détention de l’entreprise cible, toutes les entreprises peuvent investir dans les start-up et amortir sur 5 ans le montant de leur prise de participation. Pour en savoir plus, consultez cet article, et n'hésitez pas à contacter les membres de l'équipe Sowefund pour vous guider.

Dernière édition : 24/04/2018 16:53